SUPER ROBOT TAISEN ALPHA3

PlayStation 2 - 2005

Texte écrit par Shû Shirakawa pour Openget.net

Dernier opus en date sur PlayStation 2, Dai 3ji Super Robot Taisen Alpha cloture la saga sur fond d'apocalypse galactique, où tous les mystères trouveront leurs réponses, à commencer par ceux qui entourent l'Empire Balmar. A l'instar de l'épisode précédent, il sera possible de vivre l'aventure à travers quatre personnage différents, selon les critères habituels: real ou super et féminin/masculin. Comme toujours, le gros de l'histoire est constitué d'un tronc commun, et en fonction du personnage retenu, certaines cartes varieront. D'ailleurs, première bonne idée de cet Alpha 3: l'organigramme représentant l'ensemble des cartes/bifurcations scénaristiques est disponible dans le menu d'option, aux côtés des traditionnelles encyclopédies de robots, personnages, test sonore, etc. Cet organigramme, à compléter, saura même encourager le joueur à recommencer l'aventure plus d'une fois, jusqu'à ce qu'il ait vécu chacune des cartes, chacun des chemins sélectionnables à des endroits clés de l'histoire.

Restons dans l'énumération des innovations: en plus de l'organigramme, on trouve dans les options une rubrique expliquant les commandes et règles élémentaires de Super Robot Taisen (SRT), et surtout un lexique (qui se remplira de la même manière que les encyclopédies, au gré des rencontres) répertoriant la majorités des termes importants, dans l'optique de raffraîchir la mémoire, ou au profane de comprendre de quoi il était question dans les épisodes précédents, ou dans certaines séries animées. Ces mots seront soulignés en vert durant les phases de dialogues. Ainsi si "Ingram Plisken" ou "Planète Boazan" ne vous disent rien, vous trouverez de quoi vous éclairer.

On retrouve le système des platoons lancé par Alpha 2, donc le sens de l'organisation qui doit aller avec, pour associer au mieux ses différentes unités, en fonction de leurs ratios respectifs. Mais pour tous ceux qui n'auraient pas envie de prendre le temps nécessaire à cette répartition, une option de composition automatique des platoons fera tout le travail, en fonction d'une préférence initialement choisie: puissance de feu, longueur de déplacement, ou équilibré.

Le menu des magies est infiniment plus lisible qu'auparavant au sein d'un même platoon, et surtout donne l'accès à un moteur de recherche des magies de soutien, disponibles chez les pilotes extérieurs à ce platoon, extrêmement pratique!
Même si les temps de chargement sont plutôt courts, le joueur lassé ou pressé peut toujours choisir de ne pas visionner les échanges de coups; et pour aller encore plus loin, en maintenant une touche enfoncée, on peut accélérer les choses, que ce soit pendant l'animation ou pendant le shortcut !

Sinon c'est un peu gadget il est vrai, mais le joueur peut allouer des raccourcis à certaines touches (sauvegarde, fin de tour, listings...); à côté de cela, allant plus loin que le choix entre musique du pilote et celle de l'unité, l'accompagnement musical est totalement libre. Tout est permis, même les plus grandes absurdités. Vous aimez le générique de Getter Robo? Vous ne supportez pas celui de Gundam ZZ? Qu'à cela ne tienne! Il est possible de faire en sorte que lorsque que le ZZ attaque, ce soit non pas Silent voice qui résonne dans vos enceintes mais Getter Robo!. Le vice pouvant aller jusqu'à ce qu'absolument tout le monde l'ait en fond sonore: Amuro, Kôji, Camille, etc, tout le monde !! L'idée est bonne, dommage que le choix ne soit pas plus large. Plus on avance dans le jeu, plus la liste de musiques s'allonge, mais on aurait aimé davantage de variété pour chaque série. Pour prendre un exemple, pourquoi n'avoir proposé que Men of destiny pour Gundam 0083 Stardust Memory? Pourquoi avoir mis à l'écart The winner? Certes on peut piocher dans les autres séries pour combler, mais on doit admettre qu'elles ne sont pas toutes sur le même pied d'égalité.

Techniquement Banpresto impressionne comme à chaque fois. La CG d'introduction est magnifique, très fine et surtout très longue! Pas moins de 6 minutes au total, le record pour un SRT à ce jour. Malheureusement celle de fin est beaucoup moins impressionnante car sans mise en scène.

Graphiquement c'est dans la même veine que SRT MX, à savoir qu'on s'éloigne encore un peu plus des sprites des épisodes PSOne, que les pixels se font encore plus discrêts (concernant les séquences de combat; les portraits et menus sont à l'abri de ces nuisances). Toujours plus d'effets spéciaux pour en mettre plein la vue lors des coups les plus puissants, et toujours de plus de dynamic kills: en effet, certaines attaques auront une conclusion visuellement différente si elle blesse, ou si elle achève ! La plupart de ces animations spécifiques bénéficient d'une mise en scène riche en efficacité, en classe. Attention cela ne concerne pas que les attaques les plus puissantes !

L'animation est toujours aussi fluide, aussi détaillée et aussi adaptée (les positions de défense, interception, et esquive sont clairement différentes). Dieu merci les secousses d'Alpha 2 ne sont pas de retour (Banpresto avait corrigé le tir avec MX sur PlayStation 2). Certaines attaques sont tellement soignées qu'elles deviennent de mini-séquences de dessins-animés. En revanche, les cut-in se montrent très inégaux : autant les activations de modes spéciaux (Mazin power, Agressive beast...) sont un régal, autant d'autres sont saccadés au possible (le lancer des buster missiles est catastophique).

La bande-son est mitigée: comme dit plus haut, certaines séries ont un manque cruel de chansons. Banpresto fournit quelques efforts de renouvellement, mais la qualité sonore n'est pas au rendez-vous sur tous les morceaux (Information high...).

Une partie entière comporte 60 cartes, un nombre relativement idéal pour qui connaît la série, ni trop long, ni trop court. Les puristes auraient pu en espérer un plus grand nombre puisqu'il s'agit d'un épisode conclusif, mais ils trouveront de quoi ralonger la durée de vie avec les 4 personnages, les AP qui déterminent la difficulté (en hard c'est juste comme il faut), les fins différentes, et enfin les nouveaux modes qui se débloqueront: extra hard pour des restrictions, et special pour jouir de multiples avantages.

Episode d'une excellente facture dans l'absolu, SRT Alpha 3 conclut la saga de manière magistrale: la réalisation est d'un haut niveau (le summum actuel pour un SRT), et ceux qui s'attachent au scénario seront comblés: les originaux sont réussis, les absents du numéro 2 tels que Gunbuster ou Dancougar reviennent achever leurs histoires, et les nouveaux-venus ne manquent pas d'apporter du piquant, surtout Ideon qui décidément ne daigne montrer le bout de sa jauge que dans les fins de sagas...Au sein de ces nouvelles recrues se démarque Virtual On, non pas par ses robots (assez insignifiants, et ne proposant aucun ennemi dédié), mais par la porte qu'il ouvre. En effet, si un jeu de mechas tel que Virtual On, créé par un éditeur concurrent (ici SEGA) peut se joindre à la grande fête des SRT, les rêves les plus fous des fans deviennent envisageables, tels que la venue de titres aussi appréciés que Zone Of the Enders.