L'ATTAQUE - MARQUER DES POINTS


1 – le double pas

Le tir en course est la façon de marquer au plus fort taux de réussite. En jeu posé, il n’est pas évident d’en placer beaucoup durant un match, mais c’est la manière de marquer primordiale en contre-attaque. Je me suis souvent demandé ce qui pouvait faire d’un double pas une arme offensive décisive, et je suis arrivé à la conclusion que c’est le rythme qui est le facteur le plus important. Un tir en course est efficace lorsque la défense n’est pas placée, et la prendre à contre-pied est le meilleur moyen pour mettre, précisément, cette défense en déroute. Il m’est arrivé quelques fois de recevoir de la part d’un autre joueur, lors d’une contre-attaque, une passe qui a dopé ma course, comme si le ballon était ensuite allé tout seul dans le panier. La passe était simplement très précise, et dans le rythme, évitant l’à-coup d’une réception difficile.

Le point capital pour réussir ce genre de tir est de songer à simplement déposer le ballon dans le panier ou contre la planche. Les échecs sont souvent dus à une tension qui force le geste. Le poignet doit être souple, et l’idée dans la tête du joueur ne doit être que de marquer, et non de viser une partie précise de la planche. Avec un peu d’entraînement, le geste doit venir tout seul, sans avoir besoin de se concentrer sur quoi que ce soit.


2 – le tir

Je me suis beaucoup entraîné au tir. J’ai toujours pensé que c’était la plus grande fierté d’un basketteur que de pouvoir réussir ses tirs, quelle que soit son poste sur le terrain. Je me suis donc attelé à déterminer ce qui est important pour la réussite d’un tir.

Il y a d’abord l’équilibre. Cela ne signifie pas qu’il faille être nécessairement sur ses deux pieds, bien droit, pour réussir, mais plutôt que le déplacement et la posture soient maîtrisés. Cet équilibre vient d’une part de la position des jambes, mais aussi de celle des épaules et du buste, qui « s’équilibrent », justement, les uns les autres. Le but est d’arriver ensuite à canaliser toute la force dans une seule direction. La force du tir vient du corps tout entier, de la pointe des pieds jusqu’au bout de doigts. C’est quelque chose de très important. Cet équilibre est optimisé s’il parvient à être dans le rythme du mouvement.

Ensuite, j’ai essayé de déterminer ce qu’il faut regarder. Il y a plusieurs écoles, ceux qui préfèrent regarder le devant du cercle, ou l’arrière… Personnellement, je préfère regarder le cercle dans sa globalité, comme un objet « spatial », en trois dimensions. C’est assez difficile à définir, mais je pense qu’il faut arriver à sentir le panier, et non le regarder et se concentrer dessus. Toute concentration implique une focalisation sur un détail, et la perte de la perception de l’environnement. L’entraînement  doit donner suffisamment d’expérience et d’habitude pour qu’un simple coup d’œil permettent de localiser précisément le cercle, de manière tout à fait transparente.

Vient ensuite le moment que je préfère, le geste du bras. Il existe autant de manières de shooter que de joueurs de basket, et regarder les autres faire (de préférence les pros) est une bonne manière de chercher la sienne. Il y a plusieurs écoles là aussi, la forme du tir pouvant être courbe ou tendue, la position des bras basse ou haute. Je n’ai pas de tir défini et immuable, ce qui me permet de l’adapter à la situation. De manière générale, une courbe assez haute a plus de chance de réussite.

Le fouetté de poignet permet de donner au tir sa courbe, c’est la finition. Il faut que le ballon soit bien en main, que les doigts soient bien écartés pour assurer un bon contrôle sur le maximum de la surface du ballon. Un bon entraînement du poignet est très utile, comme faire des claquettes en lançant le ballon contre un mur à hauteur de panier, par séries.

Mon expérience m’a appris certaines choses, mais cela ne peut s’appliquer à tout le monde. Mais je vais décrire mon cas personnel pour donner un exemple précis. La position de mes jambes est très variable, et je réussis plus facilement mes tirs lors d’un mouvement. Cela est dû au rythme, qui absorbe ma concentration, libère mon esprit et fait que le panier devient plus évident. La souplesse du geste est capitale, et lors d’un shoot, je considère que le geste qui lance le ballon et le fait que ballon rentre dans le cercle est le même mouvement. Mes doigts visent le panier, en quelque sorte, et le trajet du ballon est un détail auquel je n’attache pas d’importance. C’est la finalité qui prime, ici.

Le doute est le pire ennemi du tireur. La concentration est inutile, il vaut mieux libérer l’esprit de toute pression et si l’entraînement est suffisant en amont, le tir aura de bonnes chances de réussite. Notions importantes : équilibre, rythme, souplesse, confiance, et vision d’ensemble.


3 – le tir à trois points

Petite parenthèse sur ce tir-là, puisqu’il diffère tout de même de la version mi-distance. L’idéal, c’est d’arriver à ignorer toute différence entre un tir à 4 mètres , et un à 6,25 mètres… dans la réalité, c’est assez rare. Généralement, un tir à trois points est réalisé avec une pression défensive un peu moindre. L’entraînement a souvent l’inconvénient de « marquer » dans le bras la distance, c’est-à-dire que le geste devient trop dépendant de l’habitude, du réflexe mécanique, qui rate si un seul facteur change. Tout comme un tir à mi-distance, un tir à trois points peut être pris à distance variable, et parfois dans une pose non-fixe. L’adaptation du geste est alors très importante, et un tireur trop dépendant d’un tir défini sera désavantagé.


4 – le lancer franc

Lors d’un match serré, marquer les lancers francs peut permettre de donner la victoire à son équipe ou en tout cas contribuer à garder le score serré. En match, ce n’est pas si simple pourtant. On vient de courir, de prendre un coup, et ce ne sont pas des conditions d’entraînement. Comme la distance ne change pas, je me dis que rater ses lancers francs relève d’un manque de sérieux vis-à-vis de son équipe, mais comme moi aussi j’en ai raté en match, je sais que ce n’est pas facile. La technique la plus fiable que j’ai trouvé repose sur un état d’esprit simple : le ballon doit rentrer. Si on a bien travaillé le geste avant, il n’y a aucune surprise à avoir au moment du tir. Je remarque souvent que des joueurs, même professionnels, cherchent à ajuster leur tir, comme s’ils ne savaient pas où est le panier exactement. De cette manière, on doute beaucoup, et on lance le ballon de manière aléatoire. Si le geste a été bien travaillé en amont, le tir doit alors être beaucoup plus sûr de lui. C’est assez difficile à expliquer, mais je fais comme si j’ordonnais au ballon de rentrer, avec un geste autoritaire et affirmé. Il faut pour cela éviter de reculer au moment du tir, et rester bien droit, sans viser plus que d’habitude. Le lancer franc n’est après tout qu’une simple formalité, n’est-ce pas ?


5 – le dunk

J‘aime bien faire des dunks. J’ai la chance d’avoir une taille suffisante pour y arriver sans trop de difficulté, mais je n’aurai jamais réussi qu’à en réaliser un seul en match officiel. Le dunk est une sucrerie, c’est ce qu’on se permet de faire si on en a l’occasion, mais au moment opportun seulement, car je trouve qu’il n’y a presque rien de plus crétin que de rater un dunk là où un double pas semblait préférable. Je me suis longtemps demandé ce qui faisait que parfois ça marchait, et d’autres fois non. En fait, je crois que le principe de départ est important. Quand on veut partir au dunk, il faut avant tout songer à marquer le panier, et le geste doit passer ensuite. Combien de fois ai-je tapé le ballon contre l’arceau, pensant davantage au style qu’à la réussite ? L’image que j’essaie d’avoir en tête au moment de sauter est un crochet… parce que c’est la forme du mouvement qui doit envelopper le panier, et le ballon doit bien arriver par le dessus, et non taper à l’horizontale.

Contrairement à plein d’autres joueurs, qui comme moi arrivent à dunker sans pour autant considérer cela comme facile, je trouve qu’à deux mains, c’est plus facile qu’à une. A moins de pouvoir tenir le ballon d’une main (genre comme un ballon de handball), le geste à une main est difficile puisqu’il faut arriver de plus haut par rapport au panier, alors qu’à deux mains, la prise est plus stable, et on est pas obligé de sauter si haut que ça pour y arriver.


6 – les gestes spéciaux

Les plus grands joueurs de basket ont souvent une gamme de gestes atypiques qu’ils maîtrisent parfaitement, mais qui ne sont pas des gestes dits fondamentaux, et qui ne sont pas pratiqués massivement. Kareem Abdul-Jabbar avait son sky hook, Hakeem Olajuwon son dream fake, les gestes ne sont pas tous nécessairement baptises, mais signés et reconnaissables. Chaque joueur peut essayer, selon ses possibilités physiques, de se trouver quelques gestes personnels. Cela permet de manière générale à déstabiliser la défense, qui si le geste a porté ses fruits (qu’il s’agisse d’une passe, d’un shoot, ou d’un dribble) appréhendera chaque action, et compliquera sa tache.

De mon côté, je me suis toujours dit que le tir en se retournant est un atout non-négligeable et curieusement peu pratiqué, ou pas assez à mon goût. Il demande une certaine souplesse, et un bon équilibre tout en se déplaçant sur le côté ou en arrière, mais bien maîtrisé et après beaucoup d’entraînement, c’est à mi-distance une arme offensive très efficace.