LA DEFENSE - LE CONTRE


Nous arrivons à ce que je préfère en défense : contrer un shoot. Il faut d’abord avoir en tête que se faire contrer, c’est avoir, d’une certaine façon, l’air con. Je déteste ça par dessus tout, et je me souviens avoir été contré par l’ancien joueur professionnel David Bialski, et malgré son évident statut de « joueur meilleur que moi », je l’avais drôlement mal vécu.

Contrer, c’est d’abord laisser shooter. Il faut laisser penser à l’adversaire qu’il peut tirer sans trop de pression, mais se tenir prêt à sauter aussi haut que possible, sans se retenir, et à tendre le bras en corrigeant sa position selon le tir. Envoyer le ballon en touche n’est pas forcément inutile parce que l’action est stoppée, mais comme on rend le ballon à l’autre équipe, il vaut mieux essayer d’envoyer le ballon à un coéquipier, dans la mesure du possible. Envoyer le ballon vers la zone adverse peut aussi faire office de passe pour un joueur extérieur qui pourra alors partir en contre-attaque.

Un adversaire qui tire de la main gauche est plus facile à contrer si on est droitier, parce que le bras qu’il avance pour tirer fait face au bras du contre. Attention aux feintes, parce qu’un contreur en l’air ne sert à rien si le shoot n’a pas lieu, et il fragilise la défense. Au même titre qu’il y a des feintes de shoot, on peut feinter un contre pour laisser croire à l’attaquant qu’il aura l’initiative, pour soit le bloquer sur ses positions, soit le contrer lorsqu’il pensera s’être débarrassé trop vite de son adversaire direct.

Enfin, le « contre qui vient d’on ne sait où » consiste à contrer un adversaire à l’opposé de sa position de jeu. C’est assez dangereux, puisqu’on désorganise le placement défensif, on n’est pas en position pour un rebond éventuel, et on risque de faire une faute ou de prendre un coup. Mais ce genre de contre lance presque toujours une contre-attaque puisqu’en plus d’un coéquipier éventuellement bien placé, le contreur est emporté par son élan dans la bonne direction pour récupérer le ballon et aller lui aussi vers le panier adverse.

Si le dunk est dur à encaisser et démoralisant pour une défense, je trouve personnellement que le contre est son homologue pour l’attaque.