EXPERIENCE - L'AVIRON BAYONNAIS


Je n’ai pas fait plus d’un an de club. Je n’ai jamais voulu trop me fixer dans une équipe à un endroit, puisque j’étais en permanence entre au moins deux villes. Mais cette année-là, je me suis dit que j’allais essayer de jouer dans une équipe.

Les entraînements me plaisaient bien. Ils étaient parfois durs, mais se passaient bien, et les autres joueurs étaient relativement gentils, du moins au premier abord.

Ce qui changea pas mal mon avis, c’est l’évolution des relations, et puis surtout les matches. Malgré le fait que j’appartienne à une équipe, je ne pensais pas avoir de comptes à rendre en dehors du terrain. Peu à peu, je me suis rendu compte que la plupart des joueurs étaient des potes en dehors, et sortaient se biturer la gueule chaque jeudi / vendredi / samedi soir ensemble. Ce détail sportivement anodin pour moi a en fait constitué une barrière sociale qui allait m’interdire toute reconnaissance sur le terrain, du moins toute progression dans l’effectif.

Parce que ce qui manquait cruellement à ce club, c’est un coach digne de ce nom. Je me souviens que celui qui servait de coach, justement, était un gros nul en basket. Lors d’un match, alors que l’on devait mener de dix ou quinze points au début de la seconde mi-temps, il a eu l’idée de se faire entrer sur le terrain pour « mener » le jeu pendant les vingt minutes restantes. Il était non seulement mauvais dribbleur, mais shootais à tout va, enchaînant les briques contre la planche, et redonnant le ballon à l’adversaire. Ce match a été perdu, parce qu’un imbécile a cru intelligent d’essayer de briller alors qu’il ne possède rien pour cela.

Un autre joueur, pas si mauvais, qui faisait aussi le coach de temps en temps, m’a beaucoup déçu lors d’un entraînement. En fait, je ne peux pas comprendre sa réaction, ni sa logique. Je le prenais pour quelqu’un de sensé et de courtois, mais lors d’un petit exercice de placement défensif, après avoir été passé et pendant que je shootais, il m’a poussé dans le dos, simplement, avec les deux mains. La seule chose drôle est que le panier est tout de même rentré. Le résultat a été une période de deux mois sans jouer puisqu’il m’avait massacré la colonne vertébrale.

Je garde un souvenir très mauvais de cette saison, avec de gros regrets et une incompréhension totale des ces gens-là. Il y avait des bons joueurs, ils le montraient, mais ils n’étaient jamais utilisés comme il le fallait. L’intelligence manquait.